Ce que dit la loi
De l’accord budgétaire découle une obligation générale : à partir du 1er janvier 2027, chaque employeur doit enregistrer le temps de travail quotidien de chaque travailleur dans un système objectif, fiable et accessible. L’idée vient directement de la jurisprudence européenne, qui exige que les travailleurs puissent prouver combien d’heures ils ont prestées.
Pour qui ?
Pour toutes les entreprises des secteurs privé et public — grandes et petites. À ce stade, aucun seuil n’exonère les petits établissements horeca. Que vous ayez trois ou trente personnes : vous devrez pouvoir présenter leurs heures prestées.
Quels systèmes sont permis ?
Vous êtes libre du moyen, pour autant qu’il soit objectif, fiable et accessible. Cela peut être une pointeuse numérique, un badge, une application sur le téléphone, ou un logiciel reprenant les heures prestées. Un cahier papier qui disparaît dans un tiroir ne répondra sans doute pas à « fiable et accessible » ; un enregistrement numérique que le travailleur peut consulter, oui.
La grande ligne (obligation dès 2027, libre choix du système) est arrêtée, mais les détails et les sanctions en cas de non-respect sont encore en cours d’élaboration. Ne misez pas sur « ça va aller » — commencez à temps.
Pourquoi l’horeca le ressent davantage
Dans la plupart des secteurs, tout le monde travaille plus ou moins de neuf à cinq — l’enregistrement y est presque une formalité. Pas en horeca : les shifts glissent, des gens dépannent, un flexi arrive deux heures plus tôt, un étudiant part une heure avant. C’est précisément cette irrégularité qui rend la reconstitution impossible après coup. Qui note déjà par shift qui a travaillé quand aura peu de travail demain ; qui le tire de sa tête ou d’un groupe WhatsApp, beaucoup.
Comment vous préparer dès maintenant
- Passez votre planning au numérique. Un planning qui contient, par collaborateur et par jour, les heures prévues, c’est déjà la moitié du travail — vous savez qui doit travailler quand.
- Choisissez un seul endroit où atterrissent les vraies heures (début et fin par shift), idéalement lié à ce même planning, pour que prévu et réel soient côte à côte.
- N’attendez pas décembre 2026. Un système qui tourne un an avant l’échéance est rodé ; celui qu’on installe en panique, non.
L’enregistrement du temps ne devient pas une charge si votre planning est déjà numérique — c’est juste la différence entre suivre « prévu » et « réel » au même endroit. La charge, c’est de reporter.
La réponse courte
Dès le 1er janvier 2027, chaque employeur doit enregistrer le temps de travail, avec un système au choix mais fiable. Pour l’horeca, un planning numérique avec enregistrement des heures est le geste logique. Commencez-y cette année, pour que 2027 soit un non-événement.